Ski de rando Thabor 2016

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J1 Lundi 14 mars 2016

Un peu moins de 6H30 de route seront nécessaires en empruntant la route de secours d’accès à La Grave pour rejoindre Névache. Le gite de la découverte, fort plein, nous procure une bonne nuit de repos.

J2 Mardi 15 mars 2016

8H45 les premiers pas se font sur le Gr du tour du Mt Thabor en rive droite du torrent du vallon. Le sentier exposé plein sud et le peu de précipitation des semaines précédentes contraignent à porter les skis sur un petit kilomètre. Rien de désagréable.Aux chalets de serre, la vallée offre un superbe paysage, nous sommes seuls. 10h45 arrivés à la chapelle Saint Michel, le col du vallon se distingue, la température augmente, les couches passent au fond du sac, il nous faudra parcourir encore plus de 3,7 kms avant de passer un col venté qui n’incitera pas à s’éterniser. Les peaux dans le sac, un belle descente nous conduit à la maison des chamois. S’ensuit une traversée pénible dans une neige lourde pour enfin accéder au refuge Terzo Alpini.

Site Web du refuge Terzo Alpini

Nous avons parcouru un peu moins de 13 bornes pour un dénivelé de 1080 m. Riccardo Novo, gardien du refuge nous accueille avec un sourire généreux, Nous sommes, ce jour, ses seuls clients. Le lendemain le refuge sera plein comme un oeuf. Un insert abondamment alimenté chauffe un sas et les chambres de l’étage. Chaussons et peaux seront sèches en peu de temps. Grand luxe, nous avons la possibilité de prendre une douche chaude. Macédoine, tome fraiche accompagnée d’une sauce à base de miel, soupe de céleri rave, polenta, daube de boeuf et petites saucisses, salade, fromage et « Bonet » composeront un délicieux diner. Nous découvrons que ce fût en 1985 que Riccardo, ancien participant à la première compétition d’escalade internationale organisée dans la vallée étroite sur la paroi des militaires, décida de s’y installer. Il élevera par la suite avec son épouse Anna ses deux enfants qui par tous temps iront rejoindre les bancs d’école en motoneige. Quelques grands froids conduiront Riccardo à l’acquisition d’une chenillette avec une cabine chauffée …

La paroi des militaires

De grands noms sont évoqués, Walter Bonnati, Yannick Seigneur, Patrick Edlinger …..Nous sommes en plein « come back » de nos belles années de grimpe. Nous finirions par oublier les décennies qui se sont écoulées depuis :-) S’ensuit une bonne nuit après avoir pris connaissance d’une météo annoncant une forte dégradation. Il neige au cours de la nuit.

J3 Mercredi 16 mars 2016

L’objectif est d’atteindre le refuge du Thabor sans trop s’éterniser au vu de la météo. Un itinéraire de 10 kms nous attend avec un faible dénivelé de 754 m. Partis à 8 Heures, le fond de vallée est étroit comme l’indique l’IGN. La neige fraiche est légère, la trace n’est pas pénible. Peu après le passage du pont de la fonderie nous croisons un groupe de raquetteurs de retour du refuge du Thabor. Quelques brefs échanges et une mauvaise indication de ce groupe, ou mauvaise interprétation de notre part nous conduiront à parcourir le vallon de Tarvernette. Rien de bien méchant mais le terrain est plus accidenté et la crasse s’installe. Jour blanc, on y voit goutte. Quelle idée d’avoir laissé mon GPS au domicile. Je ne distingue pas un trou et me vautre quelques mètres plus bas. Ambiance, je peste! Après un passage sur plaques de « fraiche » qui ne demandent qu’à partir, le choix de « l’erreur volontaire » s’impose pour venir buter sur « la Baume ». A partir de celle ci nous prendrons le cap du col de la vallée étroite. Peu après le point 2434 nous distinguons lors d’une brève éclaircie un panneau de direction sans le rejoindre, nous adoptons un cap pifométrique. Un petit cairn doté d’un baton de ski cassé nous conforte d’être dans la direction du refuge mais nous butons rapidement sur une pente qui refuse de nous laisser passer. La neige ne porte pas et glisse. Sur notre gauche des pentes chargées sont menaçantes. Décision est prise de retourner au panneau aperçu précédemment. Un peu de chance nous accompagne nous le retrouvons, ce qui n’était guère évident. Après un nouveau point nous adoptons le cap 300°. 700 mètres après, le refuge se présente à nous. Nous distinguerons le lendemain matin que nous étions à moins de 200 mètres du refuge lors du premier passage …. Fanny gardienne du refuge nous accueille, un groupe de cinq randonneurs nous salut. Il fait bon, sur un poêle généreux, un recipient réchauffe une neige destinée à la vaisselle.Bien heureux d’être arrivés… Nous nous installons, en estimant être les derniers à rejoindre le refuge par cette journée de mauvais temps. Faux! Rémy barbe gelée, Barbara sourire aux lèvres ouvrent la porte de la salle à manger, les bonnets recouverts de neige. Bienvenue au club.... Les échanges fusent sur nos moments d’errance dans la crasse. Il faisait froid et c’était chaud !! Nous nous installons et le peu de monde incite à échanger aisément avec nos semblables. Nous découvrons avec plaisir Sibylle, sa soeur Emilie et ses amis de l’étape engagés dans un raid de plusieurs semaines pour rallier Bourg saint Maurice à Menton. Belle perf et beau coup de tête Sybille!!

Site Web du skibylle tour

Barbara étonne avec son parcours de cadre carriériste décidant de basculer dans l’inconnue d’une vie d’artiste pour saisir aux premiere heures du jour la chaleur des premiers rayons de soleil reflex plein format en main. Là, une réalité qui suggère de savoir rêver. Bluffé ! ... Marc le solitaire et mathématicien qui s’ignore partira, le lendemain, jour de crasse, et prouvera que ses expériences de solo en grandes voies l’ont doté d’un tempérament qui lui permet de couper le brouillard au couteau. le soir même, il sera sur Paris...La météo confirme la dégradation sur plus de 24 heures. Nous envisageons de redescendre en vallée le lendemain.

J4 Jeudi 17 mars 2016

la prévision météorologique est confirmée, crasseuse. Nous effectuons une tentative pour rejoindre le col de la vallée étroite. Sans GPS nous jugeons au col qu’une bascule au sud sans visibilité avec l’accumulation de neige des derniers jours est risquée. Retour au refuge, nous connaissons la route. Quelques traces en après-midi dans la combe de la grande montagne nous ferons prendre l’air. La météo s’améliore. Fin de journée le refuge se rempli, Cedric compagnon de Fanny est revenu du fond de vallée, leur petite fille blessée dans une chute d’escalier fût héliportée la veille par les secours du PGHM. Cédric apporte un peu de chaleur dans son refuge qui se rempli de nombreux randonneurs. Le contraste avec la soirée d’hier est un peu brutal, le grand nombre de pensionnaires n’invite pas aux échanges. On se contentera d’un bon diner et de quelques tentatives de conversation à table avec Jim guide anglais et son client Ecossais.

J5 Vendredi 18 mars 2016

Nous partons de bonne heure (6h40) en direction du col des Méandes. Point à partir duquel nous devons prendre la direction du prat du plan pour rejoindre la vallée étroite. Météo excellente, le parcours est splendide, le Grand Séru nous offre une face Nord ocre et ciselée. Festival des couleurs. Des traces laissent penser qu’il s’agit peut être de loup. Difficile de se prononcer. Arrivée au col, le Thabor nous invite à gravir les 450 mètres qui nous séparent de son sommet. Après quelques échanges nous décidons de répondre à son appel, sachant que nous aurons en après-midi à cumuler les 430 m du passage du col des Thures pour rejoindre Névache. Programme lourd en perspective car la route nous attend pour rejoindre Lyon, prendre au passage mon ainée Blandine pour ensuite rallier la région parisienne (beurk!). L’enthousiasme l’emporte, soyons fous. Malgré, pour ma part, un court coup de mou dans la pente du Thabor nous voici au sommet à 11h15. Au Nord, au Sud à l’Ouest à l’Est grand spectacle. Il fait froid, on entame la descente pour casser une croute au col des Méandes. Sur un caillou sec un randonneur esseulé ayant laissé son copain Daniel gravir le Thabor nous fait signe et nous invite à partager son îlot. Echange de saucisson, discussions sur nos parcours de la journée. Devant notre ambition de passer le col des Thures Jacques ancien architecte n’hésite pas une seconde et nous propose de nous raccompagner à Névache pour nous éviter le passage du col. Il règne autour du Thabor un esprit fraternel et providentiel !! … Daniel nous rejoint et nous finissons d’avaler les 1600 metres de descente qui séparent le sommet du Thabor au parking de la paroi des militaires. Quelques pas de patineur seront utiles pour y parvenir. A 16 heures, nous sommes déposés à Névache. Les chopes trinquent, grand merci à tous deux Hauts-Alpins Gapencais et Cafistes bienveillants et avaleurs de dénivelé!! 19 heures Lyon, minuit Noisy sur Ecole 645 kms de route, 16 kms de projection horizontale, 820 mètres de D+ , 1611 m de D- à ski dans les pates. La nuit fût bonne … :-)) Pof@Bleau

Christian Ch. Noisy sur Ecole le 29 mars 2016.

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